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Foi· 8 min

Une foi inébranlable — ce socle que les épreuves n'ont pas pu briser

Témoignage personnel. Comment, au plus noir, j'ai trouvé en Dieu non pas une consolation mais un appui — celui sans lequel rien n'aurait tenu.

Je n'ai pas été élevé dans une foi militante. Je n'ai pas hérité d'un catéchisme appris par cœur, ni d'une famille qui aurait tracé ce chemin pour moi. Je l'ai rencontrée. Tardivement. Maladroitement. Au moment précis où tout s'effondrait — où aucun argument humain ne tenait plus, où mes propres outils, la sophrologie, la psychologie positive, l'ennéagramme, atteignaient leur limite. C'est là, dans ce vide-là, qu'une présence s'est imposée. Sans bruit. Sans démonstration. Juste présente.

Je ne dirai pas qu'elle m'a sauvé. Je dirai qu'elle m'a tenu debout le temps que je me sauve moi-même. La nuance est essentielle. La foi n'est pas un parachute, elle est une colonne vertébrale.

« Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » Cette phrase de Paul aux Romains, je l'ai lue mille fois sans la comprendre — comme on récite une formule sans en goûter le suc. Puis un soir, dans le silence d'une chambre trop vide, elle a fait sens. Non pas comme une promesse de confort, ni comme une consolation facile, mais comme une lecture rétrospective de l'épreuve. Ce qui m'écrasait avait un usage. Pas une raison — il n'y a pas de raison à la souffrance des innocents — mais un usage. Une matière à transformer. Un terreau.

Ma foi n'est pas confessionnelle au sens étroit. Elle ne m'éloigne d'aucun athée sincère, d'aucun ami juif, d'aucun musulman fidèle, d'aucun bouddhiste en chemin que je rencontre — elle me rapproche d'eux. Elle est ce socle, profond et silencieux, qui me permet de dire oui à la vie même quand la vie dit non. De rester aimant quand on m'a rendu haïssable. De rester debout quand le monde voulait me coucher.

Quand je travaille aujourd'hui avec un homme en sortie de crise, je ne lui parle jamais de Dieu en premier. Ce serait indélicat, et probablement infidèle à ce que j'ai moi-même reçu. Je lui parle de ce qui le tient — sa femme, ses enfants, un souvenir, une promesse, une mer qu'il aime, un livre qu'il relit. Et un jour, peut-être, si la conversation se déploie en confiance, je lui raconte ce qui me tient, moi.

Car une foi inébranlable ne signifie pas une foi sans doute. Loin de là. Elle signifie une foi qui revient toujours après le doute. Comme la marée revient au rivage. Comme la lumière revient à l'aube après la nuit la plus longue. Comme l'enfant qui, après la chute, tend à nouveau les bras vers son père — non parce qu'il a oublié la chute, mais parce qu'il a compris, dans sa chair, que les bras seront là.

Voilà ce que je te souhaite, ami lecteur : non pas une foi qui te dispense de tomber, mais une foi qui te relève. Non pas une certitude qui te ferme à l'autre, mais une espérance qui t'ouvre au monde. Et au cœur de la nuit, quand plus rien ne tient, que reste cette petite flamme têtue qui dit : encore un pas. Juste un. Tu n'es pas seul.

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