— 1976 —
Pascal Thomas en 1976, portrait d'enfance
Mon Histoire

L'enfant qui cherchait
un foyer.

« Je me mets ici à nu. Sans ornement. Six chapitres pour comprendre où le carburant a été forgé — et pourquoi, aujourd'hui, je transmets. »

— Une conviction de départ

« Que la force me soit donnée d'accepter
ce que je ne peux changer,
le courage de changer ce qui peut l'être
et la sagesse d'en faire la différence… »

— Marc Aurèle
011976 · Guingamp · Côtes d'Armor

Naître dans un foyer instable

Mes parents se rencontrent en 1973. Ma mère Liliane est serveuse, mon père Jean-Yves ouvrier du bâtiment. En 1975, mon grand frère Christophe meurt quelques heures après sa naissance. Ma mère s'effondre dans une dépression profonde et tout bascule à ma naissance.

Le 8 novembre 1976, je viens au monde. Il faudra moins d'un mois après ce jour, pour que ma mère fasse un choc émotionnel par peur de perdre son deuxième enfant et qu'elle perde tous ses cheveux. À vingt-six ans, elle porte foulards et perruques. Je passe mes premières années en caravane, ballotté de chantiers en chantiers. L'alcool s'installe dans le foyer. Les violences conjugales suivent. À cinq ans, je suis témoin d'un premier épisode de violence conjugale grave.

« J'avais deux ans, lorsque je me retrouve seul sous l'auvent de la caravane durant l'orage, mon innocence isolée par force de la folie momentanée de la soirée. Je ressentais une peur viscérale. J'étais pris de panique. »

En quête de sens, p.57

À sept ans, je dois apprendre à me débrouiller seul pour manger. Les soirées alcoolisées et les traitements médicamenteux prennent le dessus sur la raison de ma mère. La fuite du foyer devient une obsession d'enfant beaucoup trop tôt. Les regards moqueurs des élèves de l'école, du collège, du lycée en conseil de classe, en réunion parents-professeurs s'intensifient. Le jugement et le harcèlement s'installent à l'école. Le mal-être augmente, ainsi que le manque de confiance en moi. J'ai des idées noires…

02Années 90 · Bretagne · Le terrain de basket

Trouver l'autre famille

Élevé par ma voisine Malou et ma grand-mère maternelle lorsque ma mère séjournait dans les hôpitaux psychiatriques, le terrain de basket devient mon refuge. C'est là que je commence à transformer mes défauts en qualités, à oser sourire en public, à découvrir que ma sensibilité n'est pas une faiblesse. Je rencontre Antoine, mon frère de cœur. Nous passons des heures dans son « squat », au-dessus du garage de son père, à refaire le monde, à rêver simplement d'avoir une longue et belle vie heureuse.

« J'avais l'impression de vivre une dualité avec moi-même : d'un côté l'emprisonnement familial, de l'autre la liberté. »

En quête de sens, p.66

En 1993, mon père part en Nouvelle-Calédonie pour quatre ans — une façon à lui de fuir le foyer. Il me laisse seul avec mon bourreau. Je le vis comme un abandon, une torture psychologique. Je le rejoins l'été suivant. Il est mon sauveur. Je l'aime tant. Je découvre la vraie vie auprès de ses amis kanaks, le silence, les liens simples. Pour la première fois, je vois mon père vraiment épanoui. Je rentre transformé.

032002 — 2010 · Paris · La finance

La montée vers le sommet

Master en marketing à Brest en 2002. Je découvre mon potentiel dans l'immobilier puis la finance. À partir de 2005, je rencontre Franck Jaotombo qui m'ouvre aux sciences humaines, à la psychologie positive, aux profils de personnalités. Cette rencontre changera tout. Je suis fasciné par tout ce que j'apprends, à la fois dans le monde de la finance, élevé aux petits fours par les banquiers privés, qu'avec les sciences humaines qui révèlent chez moi une appétence encore plus grande que le reste. Une autre rencontre également changera tout, mais pas dans le bon sens cette fois-ci : je suis recruté par le président de l'Association d'Aides Contre les Abus Bancaires (AACAB). Nous sommes en 2008 et le monde de la finance s'effondre avec la crise des subprimes. Il me propose de l'aider à sécuriser l'épargne des Français.

Je monte à Paris, m'installe rue de la Boétie. J'anime des centaines de journées de formation. En parallèle, je me forme au management des organisations vertueuses, à la sophrologie, à la psychologie positive, aux profils de personnalités. Je porte un projet avant-gardiste : l'entreprise vertueuse — mettre l'humain au cœur du système financier. Je suis reçu à La Défense par les organisateurs du G20 des entrepreneurs.

« Les entreprises sont florissantes lorsque les êtres humains qui les constituent sont épanouis. »

Franck Jaotombo · cité p.92
— Conviction forgée en chemin

« Soit tu fais partie du problème,
soit tu fais partie de la solution ! »

0422 Novembre 2010 · L'effondrement

Le téléphone qui fait basculer

2010

« Tout perdre. Vraiment tout. Sans personne pour vous croire. »

Après près de 3 années passées à collaborer avec les plus grands cabinets d'avocats parisiens, les banques privées, les compagnies d'assurance internationales, les autorités financières les plus importantes du pays, je reçois un appel de mon très cher ami Christian en sortant d'un rendez-vous très prometteur et encourageant totalement mon initiative.

« Pascal, il faut que tu reviennes vite, notre auteur à succès, président de l'association d'aides contre les abus bancaires serait un escroc à la Madoff… » Tout s'écroule. Je fais une nouvelle rencontre qui amorcera le changement profond.

Le 30 Novembre 2011 : garde à vue. Le 1er Décembre 2011, la mise en examen. Je suis catalogué. Il faut bien un lampiste.

Sept ans de procédure avant le premier procès en correctionnel en Mars 2017.

Durant toute cette période, j'ai l'interdiction de voir de nombreux amis très chers à mon cœur. La presse s'empare du dossier et fait de moi un paria, un moins que rien, une obsolescence. Je vis un bannissement social avec la rumeur qui part, puis qui se propage de bouche en bouche, tel un venin répugnant.

Et dans cette ombre planante, d'autres relations inattendues arrivent et préparent la suite de l'histoire.

« Faillite générale. Je vivais une sorte de mort psychique et une forme de bannissement social. Je me sentais tel un véritable zombie dans une jungle urbaine agressive. Je pense fortement à l'impact et à la prise d'otage de la justice sur la vie de mes clients et de mes amis conseillers. Le contrôle judiciaire m'interdit de les rencontrer sous peine d'emprisonnement. Je suis à terre. »

En quête de sens, p.107
05Janvier 2013 · Landerneau, Finistère

Écouter les oiseaux

Fin 2010, je rencontre Nadia, qui m'ouvre ses portes alors que tout le monde me crucifie. Je dors par terre dans un loft vide. Je passe mes soirées à boire des bières d'abbaye au comptoir couplée à du Lexomil, à essayer d'oublier. Je dois gérer deux parents devenus tous les deux handicapés du fait de l'alcool toujours présent et des doses de médicaments. Le 7 novembre 2012 sera la lumière qui arrive éclairer toute l'ombre momentanée de mon chemin. L'innocence de mon fils Timothé se présente pour m'attribuer une nouvelle tâche : celle d'être père. Et de ce jour, je prends la décision que l'histoire ne se répétera pas quelles que soient les difficultés. Nous sommes en 2013, je sombre dans des idées noires. Un soir en cuisine, j'ai le couteau à la main, je repense à ma mère et c'est moi qui pense au pire. Je pense à mon fils Timothé qui vient de naître. Je jette le couteau de cuisine violemment. Je suis en larmes. Je trouve la force au plus profond de moi-même de ne pas abandonner, telle une voix qui me parle en me disant : « As-tu assez souffert Pascal ? As-tu assez souffert maintenant ? » Maintenant que je ne possède plus rien de matériel, de superflu, qu'il ne me reste que moi et ma conscience, peut-être est-ce le moment de comprendre mes constantes, ce qui m'avait amené à cet endroit précis de ma vie ? Ce qui m'avait amené à vivre toutes ces expériences ? Peut-être est-ce la seule chance que j'aurai de comprendre réellement qui je suis vraiment au plus profond de moi ?

« C'est quand la dernière fois que tu as écouté les oiseaux, Pascal ? Quand est-ce que tu as fait du sport pour la dernière fois ? »

Bruno · Janvier 2013, p.125

Janvier 2013 : Bruno me pose la question qui change tout. Je remonte une agence immobilière à Brest. Je me remets à respirer, à courir, à méditer. Je travaille sur moi avec Franck pendant neuf mois, chaque samedi matin. Nous partons à Marseille suivre des ateliers de sciences humaines à l'Institut de recherche SOREHDE. C'est là que commence la grande guérison.

06Aujourd'hui · Landerneau · Le foyer

L'entreprise d'une vie

« Aller au bout de la quête. Et l'offrir à d'autres. »

Durant le premier procès qui dura 22 jours à Rennes, j'écris, j'écris et j'écris encore. Un mercredi soir, lors du témoignage du président de l'AACAB, je découvre que tout était faux ! Que tout le travail que j'ai réalisé n'avait servi que de couverture pour sa levée de fonds colossale, qu'il a piégé tous nos clients et mes conseillers. Que toutes les promesses étaient fausses. Et malgré toute ma bonne foi, mes preuves écrites, et le fait que l'Autorité des Marchés Financiers m'ait totalement blanchi, je découvre également toute la malveillance de la lessiveuse judiciaire… et bien plus encore.

Au juge de me dire : « Au-dessus de votre ordre, Monsieur, c'est MOI !!! »

En Octobre 2017, c'est la loi des séries qui se poursuit. Jamais les enseignements de Franck Jaotombo ne m'ont été aussi précieux. Je décide de les ressentir totalement plutôt que de simplement les intellectualiser.

En 2018, je quitte le foyer de Nadia. Je pars marcher seul sur les chemins de Saint-Jacques. On en croise des financiers à se repentir ...

La véritable compréhension de ma quête de sens commence. Les évènements difficiles se poursuivent avec une très rare intensité. Qu'ai-je donc fait ? Peut-être que tout simplement, je suis ici à ce moment et à cet endroit précis pour apprendre l'essentiel de toute mon existence.

J'apprends à habiter le silence.

« Dans les pires moments, un travail de résilience peut nous transformer de manière définitive et nous rendre pleinement vivants. La seule et unique richesse est avant tout intérieure. »

En quête de sens, p.3
Le livre à venir

« En quête de sens,
l'entreprise d'une vie »

En quête de sens est une autobiographie, mais aussi une façon de faire évoluer l'éducation. Si vous souhaitez témoigner, n'hésitez pas — je vous écoute. Sortie prévue en 2028.

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