Naître dans un foyer instable

Mes parents se rencontrent en 1973. Ma mère Liliane est serveuse, mon père Jean-Yves ouvrier du bâtiment. En 1975, mon grand frère Christophe meurt quelques heures après sa naissance. Ma mère s'effondre dans une dépression profonde et tout bascule à ma naissance.
Le 8 novembre 1976, je viens au monde. Il faudra moins d'un mois après ce jour, pour que ma mère fasse un choc émotionnel par peur de perdre son deuxième enfant et qu'elle perde tous ses cheveux. À vingt-six ans, elle porte foulards et perruques. Je passe mes premières années en caravane, ballotté de chantiers en chantiers. L'alcool s'installe dans le foyer. Les violences conjugales suivent. À cinq ans, je suis témoin d'un premier épisode de violence conjugale grave.
« J'avais deux ans, lorsque je me retrouve seul sous l'auvent de la caravane durant l'orage, mon innocence isolée par force de la folie momentanée de la soirée. Je ressentais une peur viscérale. J'étais pris de panique. »
— En quête de sens, p.57À sept ans, je dois apprendre à me débrouiller seul pour manger. Les soirées alcoolisées et les traitements médicamenteux prennent le dessus sur la raison de ma mère. La fuite du foyer devient une obsession d'enfant beaucoup trop tôt. Les regards moqueurs des élèves de l'école, du collège, du lycée en conseil de classe, en réunion parents-professeurs s'intensifient. Le jugement et le harcèlement s'installent à l'école. Le mal-être augmente, ainsi que le manque de confiance en moi. J'ai des idées noires…



