Le manifeste

Sept mouvements,
une seule conviction.

« Ce qui suit n'est pas un texte théorique. C'est ce que la vie m'a enseigné, parfois avec une douceur infinie, parfois à coups de matraque. Je le dépose ici comme on tend la main — pour que d'autres n'aient pas à apprendre seuls. »

Premier mouvement

L'éducation manquée

Et si nous mettions au cœur de l'éducation le bien-être de chaque être humain ? Si nous nous intéressions, dès l'enfance, à ce qui rend une vie digne d'être vécue ? Si nous passions notre temps à cultiver nos forces plutôt qu'à corriger nos faiblesses ?

Pensez-vous que nous gagnerions du temps ? De la confiance ? Une estime de soi enfin tranquille ? Pensez-vous que nous serions plus lucides face aux dangers qui nous entourent ? Si l'école nous avait appris, dès le premier jour, à écouter nos intuitions, à affiner nos perceptions, à traverser nos émotions — pensez-vous que la vie nous aurait moins surpris ?

Pour ma part, cela m'aurait épargné des années de difficultés intenses. Mais je n'en veux à personne. Le silence où l'on n'apprend rien fut, en fin de compte, le silence où je devais commencer à entendre.

Deuxième mouvement

Les difficultés sont à notre porte

Une mauvaise rencontre. Un cadre familial instable depuis des générations. Un conflit. Une séparation. Des dettes. Une trahison. Un viol. La moquerie. La médisance. Les jeux de pouvoir. Les mauvaises associations. Les partenaires douteux.

Aucun être humain n'y échappe. Ni dans son passé, ni dans son présent, ni dans ce qui l'attend. C'est précisément pour cela qu'il n'existe pas de solution générale, mais une seule discipline universelle : se tenir debout, malgré tout, et apprendre à chaque fois quelque chose de plus.

Ceux qui réussissent leur vie — au sens plein du mot — partagent tous les mêmes gestes. Ils osent. Ils échouent. Ils recommencent en faisant les réglages nécessaires, d'abord en eux-mêmes, puis dans leurs relations. Ils sont parfois guidés par leur seule intuition. Parfois éclairés par une lecture, une rencontre, un échec cuisant.

Ceux qui échouent sans cesse, eux, croient toujours qu'un autre — un État, une institution, un sauveur — viendra les délivrer.

« Aide-toi, et le ciel t'aidera. »

Vieille sagesse
Troisième mouvement

La leçon de l'univers

À une époque de ma vie, je me sentais invulnérable. Mon environnement professionnel me valorisait au point que j'avais perdu tout contact avec la réalité. J'allais en payer le prix.

L'univers m'a alors enseigné cette loi :

« Vous ne pouvez pas vous comporter avec moi avec un niveau de conscience inférieur à celui que vous avez, surtout avec les outils que je vous ai transmis et enseignés. »

En quête de sens

Si vous ne savez rien d'un sujet, l'univers vous donne, sans violence, les leçons à retenir. Mais s'il vous les a déjà transmises, et que vous refaites les mêmes erreurs, alors la leçon devient plus dure. Plus violente émotionnellement. Parfois même physiquement, par somatisation jusqu'à être rongé par les maux et être physiologiquement atteint.

L'univers cherche à vous ancrer. Il cherche à vous reconduire vers votre essence.

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Prenons l'hypothèse de travail suivante : la terre est une école. La matière principale est le choix. Qu'il n'existe ni de bons, ni de mauvais choix, simplement des choix dont nous devons assumer les conséquences. Le premier choix que nous avons est de choisir son état interne indépendamment de toutes circonstances extérieures !

Pr. Franck Jaotombo
Quatrième mouvement

La résilience est une matière première

Se relever d'une succession de traumatismes est bouleversant. C'est une remise en question totale, mais d'une richesse intérieure qu'aucun confort matériel ne peut acheter. Cela nous transforme à un tel point que nous avons du mal à nous reconnaître nous-mêmes.

C'est un parcours du combattant — et l'on s'y sent terriblement seul.

Pourtant, le corps s'adapte. Il s'adapte aux situations les plus complexes. Il forge cette capacité de résilience que l'on croit innée et qui n'est, en vérité, qu'un travail patient.

Posez la question à toutes celles et ceux qui ont vu leur vie basculer en un instant. Ils vous diront, quelques années plus tard, que c'est dans l'épreuve la plus difficile de leur vie qu'ils ont réussi à se libérer de leur égo.

« Pourquoi faut-il attendre le pire pour qu'il nous arrive le meilleur ? »

Pascal Thomas

Pour se lever le matin, après un lourd traumatisme, il faut puiser en soi une farouche détermination. Personne ne le fera à votre place. Personne. Mais quand vous y parvenez, une seule fois, vous savez désormais que vous y parviendrez toujours.

Cinquième mouvement

Du « MOI JE » à la solidarité de l'âme

Notre époque nous met devant une question que nous fuyons depuis trop longtemps : celle du « MOI JE ». Le « MOI JE », c'est notre vie quotidienne, nos ressentis, nos contraintes, nos chaînes — celles que nous avons contractées auprès des établissements de crédit, et celles, plus invisibles, que nous fabriquons à coups de peurs.

Comment être profondément solidaire si l'on est tenu en otage par la possession de ses biens ? Comment partager si l'on tremble de perdre ?

« Nous sommes des ÊTRE humains, non pas des FAIRE humains. »

En quête de sens

Il existe deux types de solidarité. La solidarité par nécessité, où ce sont les intérêts qui motivent l'action, ou la peur de ne pas survivre. Et la solidarité de l'âme, où c'est le développement de la conscience qui révèle qu'il n'y a pas de séparation entre les êtres.

Les deux sont utiles. Mais l'une ne peut tenir longtemps sans l'autre.

« Il ne peut y avoir de solidarité authentique sans réel travail sur soi. Ce n'est pas dans l'acte que se situe la solidarité, c'est avant tout dans l'attitude et dans l'intention. »

Sixième mouvement

Le courage d'être soi

Soyez courageux. Ressentez sans fuir. Soyez à l'écoute de vos intuitions. La pression de notre environnement est parfois si forte que nous cédons au chantage de nos maîtres, par peur d'être authentiques.

Or être authentique demande du courage, de l'abnégation, et une assertivité redoutable.

« Va toujours par le chemin le plus court, et le plus court est celui tracé par la nature. »

Marc Aurèle

Nous faisons face à un nouveau besoin d'apprentissage. Non plus sur l'avoir, mais sur l'être. Que se passerait-il si nous avions enfin accès à notre plein potentiel humain ? Jamais cette équation, jamais cette éducation, ne furent au cœur du système.

Nous vivons dans une pénurie à l'extérieur, riches et pauvres confondus. Ne pensez pas que seule l'abondance matérielle vous procure la richesse. La véritable richesse est en soi. Mettons donc toute la créativité dormante en chacun d'entre nous au service du bien commun.

« Sache qui tu es, et tu sauras où aller. »

Sagesse intérieure
Septième mouvement

L'engagement

La première bouchée consiste à faire une meilleure et plus authentique connaissance de soi. Ce mal profond qui nous ronge, c'est le sous-développement de notre potentiel humain — depuis notre tendre enfance, celle de nos parents, celle de nos grands-parents, et bien avant.

Cela fait des millénaires que cet enseignement a disparu de nos écoles. Nous y sommes éduqués à la compétition dès la première salle de classe. En psychologie positive, on appelle cela le syndrome de la médiocrité — passer sa vie à travailler sur ses faiblesses, alors que nous sommes des êtres humains, chacun pourvu de forces, de qualités, de capacités.

« Réfléchir c'est difficile, c'est la raison pour laquelle la plupart des gens jugent ! »

Carl Jung

Notre quête de sens nous amène, tôt ou tard, à ces questions :

— Questions essentielles

  • Ma vie est-elle digne d'être vécue ?
  • Suis-je authentique ?
  • Est-ce que je dis les choses telles que je les ressens ?
  • Suis-je intègre avec mes ressentis ?
  • Qu'est-ce qui est essentiel dans ma vie ?
  • Est-ce que je réalise ce que je désire vraiment ?
  • Est-ce que je fais plus de bien que de mal autour de moi ?
  • Fais-je partie du problème ou fais-je partie de la solution ?

Comme l'enseignait Schopenhauer :

« À un moment donné, il y a un "TU DOIS !" qui est essentiel à toutes autres directives. »

Schopenhauer

L'existence détermine notre conscience. Et la conscience, à son tour, détermine la vie que nous décidons de bâtir. Tout ce chemin m'a mené à une conviction : à l'ère de l'IA, c'est l'ère de l'humain qui s'offre à nous.

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Il y a des gens qui se demandent s'il y a une vie après la mort. Mais y en a-t-il une avant ?

Pierre Rabhi
Un appel

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